| Poèmes (Extraits d'Ombres de mon soleil)
LE CARREFOUR À NGAPAROU
Tout se tait. La fumée
dans les rayons des phares n’est
que de la poussière.
Il s’agit donc d’un sursis.
La recolte de nos champs
est éphémère, la nuit fragile.
Nos corps vibrent de vitalité,
mais la nuit se tait
et dans tout le domaine
que trace la peur
un petit point brille :
la porte par où l’on meurt.
Extrait de TERRE BLEU, TERRE INSOLITE : QUATUOR POUR TAHAR DJAOUT (1954-1993)
« …Les oliviers nous
offrent leur vieille sagesse
d’avoir nourri
les gens de ce pays
pendant des millénaires
et cramponnés aux pentes raides
[de la Kabylie
nous tendent
encore une fois
l’offrande et nous supplient
nous prient d’aimer
nous exigent d’avoir pitié
nous bercent dans le nid
de leur ramée
et au loin
autour des crimes du massif
du Djurdjura
le tonnerre pleure
la perte d’un ami
ainsi qu’il annonce l’imminence
de la tempête
qui enverra en aval
au pied de la montagne
ses alluvions de majesté
et de justice »
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