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Prière d’insérer L'amitié du livre avec le livre, est d'un autre style de communication. Elle vous transmet la pensée d'un esprit selon votre jouissance personnelle, dans la belle puissance du silence, un silence pur. Personnellement, je n'attends pas le décès de mes omis et amies pour parler et écrire en leur direction. Et qui sait si l'écrivain qui fait le mort ne veut-il pas séduire les vivants. Loin de moi l'idée de faire le Portrait de cet ami qui, avec d'autres, me donne envie d'écrire en le lisant, en lisant. Portrait qui n'est pas de mise ici. Jacques Derrida est cet ami qui, depuis bien longtemps, m'a frappé par l'exigence de sa pensée et de son écriture. Voici qu'il m'interpelle dans son récent ouvrage Le monolinguisme de l'autre à propos de la langue de l'autre. Ouvrage sur lequel je reviens dans ma lettre ouverte qui lui est adressée, elle-même précédée par une causerie sur son oeuvre. Les questions que je lui avais posées à la fin de cette causerie -transcrite telle quelle - je me les posais avec inquiétude dans ma pratique de la langue de l'autre, du français et de la francophonie. Aussi ai-je jugé utile de présenter un témoignage personnel, élément parmi bien d'autres à inscrire en cet entretien. Intitulé Exercices de témoignage, cet écrit est composé de trois séquences, différemment situées dans ce temps, et qui sont suivies par des entretiens avec l'écrivain Pascal Amel. Peut-être qu'en regardant cet opuscule comme une grille de mots croisés, le lecteur sentirait qu'il est plus que partenaire et partie de ce jeu d'esprit, il perpétue la vie, la mémoire et l'oubli. Published: 1999 |